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Dakar, 27 oct (APS) – L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) doit devenir une zone de production et d’exportation dont les pays sont appelés à commercer davantage entre eux pour construire une prospérité fondée sur la complémentarité plutôt que sur la dépendance, a soutenu le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, lundi, à Dakar.

“L’UEMOA doit devenir une zone d’exportation, une zone de production, pas une zone de consommation […] Il nous faut commercialiser davantage entre pays africains, ce que nous fabriquons nous-mêmes. Il nous faut construire une prospérité, fondée sur la complémentarité plutôt que sur la dépendance”, a-t-il dit.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce procédait au lancement officiel des activités du Mois du consommer local, qui se poursuivront jusqu’à vendredi prochain, au CICES, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal.

La sixième édition de cet évènement a pour thème : “Consommer local, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial”. L’évènement célèbre le savoir-faire sénégalais dans le développement de l’économie.

Selon Serigne Guèye Diop, les États membres de l’UEMOA doivent passer de la logique de juxtaposition de dispositions à une logique intégrée avec un objectif clair, celui de transformer les productions en Afrique.

Il considère que “l’avenir de l’UEMOA ne peut pas dépendre uniquement de la libre circulation des biens et des services”, mais aussi de “la construction de véritables chaînes de valeur régionales d’approvisionnement”.

Les agriculteurs doivent travailler ensemble, les industries, quant à elles, doivent se renforcer, et les entreprises conquérir ensemble les marchés, a insisté le ministre de l’Industrie et du Commerce.

“Ce que l’on nous reproche le plus souvent, c’est que nos produits africains doivent être conformes aux normes internationales, aux normes ISO. Sans ces certifications, nous ne pouvons pas exporter en Chine, ni en Turquie, ni en France, ni au Japon, pour ne citer que ces pays”, a-t-il expliqué.

M. Diop estime que “le véritable défi” que l’Afrique doit surmonter consiste à mieux organiser ses ressources, à mieux valoriser ses talents et à mieux transformer l’intelligence dont elle dispose.

“Une région qui ne transforme pas ses ressources reste vulnérable. Un continent qui exporte l’essentiel de ses matières premières, laisse une grande partie sa richesse se créer ailleurs. Nous l’avons vu, l’Afrique ne transforme que 15 % de ses matières premières”, a-t-il signalé.

La représentante de la Commission de l’UEMOA au Sénégal, Aïssatou Lam, a salué l’engagement des autorités sénégalaises qui, selon elle, encouragent le consommer local.

Elle s’est réjouie de la “volonté collective [des pays de l’UEMOA] de faire du consommer local une réalité économique, au-delà d’une simple campagne de sensibilisation”.

Pour Mme Lam, le consommer local consiste d’abord à reconnaitre la valeur du travail des producteurs, des transformateurs, des artisans et des entrepreneurs africains.

“L’UEMOA dispose d’un marché communautaire dont le potentiel va être davantage mobilisé. Le consommer local doit s’entendre à l’échelle de l’Union. Un produit fabriqué au Sénégal doit trouver des débouchés au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger et au Togo”, a-t-elle souligné.

Les produits originaires de ces États doivent également accéder au marché sénégalais, selon la règlementation communautaire, a ajouté la représentante de la Commission de l’UEMOA au Sénégal.

“En favorisant les échanges entre les États, nous élargissons les débouchés des entreprises, encourageons la spécialisation productive, créons des opportunités de partenariat et contribuons au développement de chaînes de valeur régionales”, a dit Aïssatou Lam.

FD/BK/ESF