Dakar, 2 nov (APS) – Le Sénégal a l’ambition de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 48,5 % à l’horizon de 2035, avec des investissements nécessitant un financement de 24,9 milliards de dollars américains, a-t-on appris, lundi, à Dakar, du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf.
Le pays compte sur ses partenaires financiers pour réaliser cette ambition, selon lui.
‘’Avec un soutien international approprié, le Sénégal pourrait réduire ses émissions de GES de 31,6 % en 2030 et de 48,5 % en 2035’’, a assuré M. Diouf lors d’une réunion de ‘’validation politique’’ de la troisième contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0).
La CDN 3.0 définit les engagements climatiques du Sénégal pour la prochaine décennie.
Sans l’aide de ses partenaires financiers, le pays envisage une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de seulement 13,3 % en 2030 et 19,4 % en 2035, d’après le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.
Des représentants de plusieurs ministères, des collectivités territoriales, des organisations non gouvernementales et du secteur privé ont pris part à la réunion, aux côtés d’experts de l’environnement, de la présidente de la commission environnementale de l’Assemblée nationale, d’un représentant de la Primature et d’un conseiller du président de la République.
Diversifier les financements
‘’C’est un moment extrêmement important du processus de production de ce document (la CDN 3.0)’’, a souligné le ministre en parlant de la réunion.
Il explique que sa ‘’validation politique’’ est une étape préalable à sa transmission officielle par l’État du Sénégal au secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.
Aliou Gori Diouf a invité tous les secteurs et institutions concernés à faire en sorte que ‘’l’étape décisive’’ de l’approbation du document final de la CDN 3.0 soit franchie.
‘’En validant la CDN 3.0, nous affirmons une orientation claire : celle d’un Sénégal qui assume ses responsabilités climatiques, protège ses populations et ses ressources naturelles, transforme son économie et prépare l’avenir des futures générations’’, a souligné M. Diouf.
D’après lui, 16,9 des 24,9 milliards des dollars américains dont le pays a besoin pour atteindre son objectif de réduction des GES dans les dix prochaines années proviendront des partenaires financiers de l’État.
Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf
‘’La plupart des financements destinés à la lutte contre le changement climatique proviennent jusque-là du secteur public. Ces financements sont de plus en plus limités parce que les besoins sont devenus plus complexes’’, a expliqué Aliou Gori Diouf.
Pour diversifier les financements destinés à la mise en œuvre de sa CDN 3.0, le Sénégal fait appel à la coopération internationale, aux capitaux privés et aux fonds fiduciaires, a-t-il dit.
Selon le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le pays sollicite également le Partenariat pour une transition énergétique juste, qui réunit plusieurs partenaires financiers.
D’après lui, ce mécanisme de coopération financière envisage d’investir 2,75 milliards de dollars américains au Sénégal.
‘’Les investissements envisagés portent sur le développement des énergies renouvelables, la restauration des mangroves, le reboisement, la régénération naturelle assistée et la promotion de la riziculture intensive’’, a précisé Aliou Gori Diouf.
La réduction de l’empreinte carbone de l’industrie du ciment et la gestion des déchets figurent parmi les initiatives de réduction des GES prévues, a-t-il signalé.
‘’Il faut comprendre la CDN comme les deux jambes d’une personne’’
Selon lui, les investissements destinés à la mise en place de moyens de transport peu polluants, dont le Bus Rapid Transit et le Train express régional, procèdent aussi de la réduction des gaz à effet de serre au Sénégal.

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